mercredi 30 septembre 2015

1 - Retour vers la Normandie…. Visite au Mémorial de Caen.


"La douleur m’a brisée, la fraternité m’a relevée, de ma blessure a jailli un fleuve de liberté "

Texte de Paul Dorey, poète de Caen qui s'exprime au nom de la Normandie, gravé sur les murs d’entrée du Mémorial.


Le parvis d'accès au musée bordé d'un côté par douze mâts portant les drapeaux des douze pays impliqués dans la Bataille de Normandie.

Quand je quittais la Normandie en 1959, ma petite ville en Suisse Normande à 46 kms au sud de Caen, n’avait pas achevé sa reconstruction.
Quant au Mémorial de Caen,  inauguré en 1988, j’avais toujours exprimé le désir de le voir, ce fut le cadeau  pour mes quatre fois 20 ans... Un week-end un peu court, car le parcours de ce musée, à lui seul étant très long, nous dûmes abréger, car il nous fallait poursuivre sur la côte …..
 Ce musée retrace les pages douloureuses de l’Histoire du 20éme siècle, depuis le traité de Versailles en 1918 à la chute du Mur de Berlin en 1989.
Mémorial tourné vers la paix, la réconciliation, et l’espérance. Un musée qui ne peut laisser indifférent, alors que notre monde aujourd’hui se porte si mal. Prima

Les Chemins de la Liberté  ( extraits )

La Normandie
Une prairie au cœur du monde
Un peu de pluie
Mais tant de paix qui nous inonde
S’il pleut chez nous si souvent
Est-ce pour effacer le sang
Que des soldats ont versé
Il y a longtemps !

Les Chemins de la Liberté
Sont repartis de Normandie
Un jour de juin avant l’été
Déluge de fer, de feu, de vies
Mais aujourd’hui en temps de paix
Que les pays réconciliés
Se souviennent des sacrifices
Pour que l’Europe enfin existe

Jean Goujon




( à suivre )









lundi 31 août 2015

Rentrée ... avec Automne, poème de René Guy Cadou


 « La poésie n'est rien que ce grand élan qui nous transporte vers les choses usuelles, usuelles comme le ciel qui nous déborde. »


René-Guy Cadou, 
dans Usage interne (1951)

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«  Je ne conçois pas de poésie sans un miracle d’humilité à la base  » 

René-Guy Cadou

En pensant à Tom qui demain va reprendre le chemin de l'école maternelle dans un nouvel environnement.



Odeur des pluies de mon enfance,
Derniers soleils de la saison !
À sept ans, comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances
Se retrouver dans sa maison !

La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été !

Ô temps charmants des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce

Une rouge pomme à couteau !

René-Guy Cadou

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Instituteur poète, né en 1920, à Sainte-Reine-de-Bretagne ( Loire-Atlantique ) René-Guy Cadou rejoindra Jean Bouhier en 1941 qui venait de créer l’Ecole de Rochefort. À sa mort en 1951, il laissera une œuvre considérable. Une trentaine de poète furent publiés sous le sigle «  Rochefort »






samedi 8 août 2015

La coccinelle.... Poème de Victor Hugo



Après une interruption d’un mois, je reviens vers vous avec un nouveau Windows, le 10 offert gracieusement en téléchargement par Microsoft et un poème tout en légèreté de Victoe Hugo ... La coccinelle.
Porte bonheur cet insecte est aussi appelé " bête à bon dieu "
Prima





Elle me dit : «  Quelque chose
Me tourmente. » Et j'aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J'aurais dû - mais, sage ou fou,
A seize ans on est farouche,-
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l'insecte à son cou.

On eût dit un coquillage ;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche fraîche était là :
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle ;
Mais le baiser s'envola.

«  Fils, apprends comme on me nomme »,
Dit l'insecte du ciel bleu,
« Les bêtes sont au bon Dieu,
Mais la bêtise est à l'homme.»

Paris, mai 1830
Recueil : Les Contemplations

Victor Hugo ( 1802 – 1885 )






mercredi 8 juillet 2015

La marine à voiles ... poème de Raymond Queneau


Le Tenacious, 
magnifique trois mâts
devant 
les remparts de Saint-Malo.
( avril 2008 )


" Être en vacances,
c'est n'avoir rien à faire
et
avoir toute la journée pour le faire."
                              Robert Orban, écrivain

L'Etoile du Roy et la Boudeuse dans le port de Saint-Malo

Après avoir descendu tout le long le long du mât de misaine
et salué le petit cacatois, le petit perroquet, le petit volant et le petit hunier
le marin de terre sèche salue le bon vieux dictionnaire
qui lui donne l'image du voilier trois-mâts avec ses principaux agrès
il s'embarque avec son sac et se présente au capitaine
le voilà médecin de bord ( pourquoi pas ) pendant cette traversée
on fera le tour du monde en longeant les terres lointaines
on verra souffler les blanches baleines
et l'on reviendra en se promenant à travers l'Océanie
on restera si l'on ne sombre au moins trois ans partis
au retour on trouvera les enfants grandis
regardant avec joie dans leur dictionnaire
la figure majestueuse du voilier trois-mâts avec ses principaux agrès
           
                    Raymond Queneau (  1903 - 1976 )
              [  Fendre les flots ]



Le port de Saint-Cast







dimanche 14 juin 2015

Le Fou des Fleurs.... légende chinoise _ Poème de Li Po : La neige ne charge plus les branches de l'abricotier ....



"Si tu veux être heureux une heure, bois un verre ;
Si tu veux être heureux un jour, marie-toi ;
Si tu veux être heureux toute ta vie, fais-toi jardinier."


             Proverbe chinois



" Sous la dynastie des Song, au sud du fleuve Yangtsé, non loin du village Joie Eternelle... "  ainsi commence la légende du Fou des Fleurs... son jardin était très renommé, il y avait en son jardin toutes les espèces de pivoines , une quarantaine de variétés , à fleurs simples ou doubles...
" Certaines étaient aussi larges que des soucoupes, portaient des noms poétiques comme Pavillon de Jade, Pavillon Emeraude, Pulpe de Pastèque, Lion Noir Dansant, Tête de Dragon Rouge ... " 

Je ne vais point conter toute la légende, ce serait un peu long, ....

C'est donc  l'histoire d'un vieux jardinier qui éleve ses fleurs comme ses propres filles avec beaucoup d'amour ... mais un jeune seigneur qui passe par là ,avec ses compagnons de boisson, dévaste son jardin..... C'est compter sans la Déesse des Fleurs....

"Soudain sous les yeux ébahis des villageois,le jardin et la 
chaumière du vieillard qui avait rajeuni se détachèrent du sol. Sur son tapis volant de brocart parfumé, le Fou des Fleurs traversa les nuages de ce monde impermanent pour entrer dans les vergers célestes "  Prima
"


La neige ne charge plus les branches
de l'abricotier ;
Le souffle du printemps renaît parmi
les rameaux du saule.
Les chants amoureux de l'oiseau yng
portent l'ivresse dans les sens ;
L'hirondelle est de retour et voltige
au bord des toits,
en poussant son petit cri ;
C'est le temps des longs jours,
c'est le temps où le soleil
éclaire la natte des joyeux convives ;
C'est le temps où les fleurs nouvellement
écloses
et danseuses élégamment parées se font
valoir mutuellement....

Sur les bords du Jo-yeh, les jeunes filles
cueillent la fleur du nényphar.
Des touffes de fleurs et de feuilles
les séparent ;
Elles rient et, sans se voir , échangent
de gais propos ;
Un brillant soleil reflète au fond de l’eau
leurs coquettes parures ;
Le vent, qui se parfume dans leurs
Manche, en soulève le tissu léger….

Li Po  ( 701 - 762 )
Poème extrait  de la légende


«  Le Fou des Fleurs  »

de Karl  Bang

jeudi 28 mai 2015

Venise - La dentelle et le temps, poème de Jacqueline Herfray



La dentelle de Venise est née au XVI ème siècle au beau milieu de la Renaissance italienne, elle fut très appréciée en Europe au point de devenir une marchandise d’exportation aussi importante que le verre de Murano.
Aujourd’hui la dentelle originale de Venise et en particulier de Burano est encore réalisée à la main. Elle est aussi chère qu’appréciée. Il faut en effet des semaines pour broder un simple contour de mouchoir et des mois, voire des années pour un drap.
Lorsque je suis allée à Burano, il me fut donc possible de l'admirer sans pouvoir en acheter, ..à mon grand regret..




Combien d’heures de rêverie
se sont faufilées
dans ces entrelacs,
se sont enfermées dans ces broderies ?
En combien d’heures
tes yeux lassés
se sont-ils usés
avant l’âge ?
Ton œuvre, point à point,
dessine ta vie
Quand la dentelle
– nappe de joies,
mouchoirs des pleurs –
sera-t-elle achevée ?

Jacqueline Herfray
Recueil : Dans les plis du temps, l’intant
Editions Couleurs et Plumes




Si Burano est connue pour sa dentelle, l’île est également connue pour ses canaux bordés de maisons très colorées. Cette tradition de peindre les maisons date du 7e siècle. Ainsi, les pêcheurs pouvaient apercevoir leur demeure, en rentrant de la pêche et mieux se diriger sur la lagune. 
Prima




samedi 9 mai 2015

Hora prima _ poème de Sully Prudhomme

«  Le rêveur passe pour n’être pas vivant, mais il n’est qu’absent : il vit en dedans par une concentration si intense de la vie, que rien n’en transpire au dehors. » 

Sully Prudhomme
( 1839 – 1907 )



Sully Prudhomme fut le tout premier Prix Nobel de Littérature en 1901...ce fut donc la France qui ouvrit cette longue série de Nobel !  
" Suis-je un poète, suis-je un philosophe ? " se demandait Sully Prudhomme, il fut poète-philosophe ! Prima


J'ai salué le jour dès avant mon réveil ;
Il colorait déjà ma pesante paupière,
Et je dormais encor, mais sa rougeur première
A visité mon âme à travers le sommeil.

Pendant que je gisais immobile, pareil
Aux morts sereins sculptés sur les tombeaux de pierre,
Sous mon front se levaient des pensers de lumière,
Et, sans ouvrir les yeux, j'étais plein de soleil.

Le frais et pur salut des oiseaux à l'aurore,
Confusément perçu, rendait mon coeur sonore,
Et j'étais embaumé d'invisibles lilas.

Hors du néant, mais loin des secousses du monde,
Un moment j'ai connu cette douceur profonde
De vivre sans dormir tout en ne veillant pas.

René-François Sully Prudhomme  

(1839-1907)