lundi 11 novembre 2013

L'appel de la mer tu l'entends .... de François Cheng

François Cheng, est né en 1929. à Nanchang ( Chine ) .
Après des études  universitaires à Nankin, il s'installe définitivement en France en 1949. Etudiant à la Sorbonne et à l'Ecole pratique deHautes Etudes il occupera une chaire de professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales.
Il traduira de nombreux poètes français,dont Victor Hugo.
François Cheng obtiendra le Grand Prix de la francophonie en 2001, et sera élu en 2002 à l'Académie française.
J'ai lu quelques uns de ses poèmes dans le recueil " À l'orient de tout " , je les ais aimés.
Prima

La pointe du Grouin à Cancale ( Ille et Vilaine )


L'appel de la mer
            tu l'entends
L'appel de la lune
           tu l'entends

Longue plainte lumineuse
Sillonnant la surface mouvante
Depuis l'extrême bord
            jusqu'à tes pieds

Toi Eucaplyptus
Tu ne perds rien
           du clair de lune
Qui caresse qui entaille
Le corps de la mer
           rompu jusqu'aux entrailles

Tu es celle qui attend
Es-tu celle qu'on attend
Tu reprends
Feuille à feuille
           branche à branche
Le cantique des épousailles

D'un coup libéré de l'écorce
           flanc nu gonflé de lait
           chevelure ruisselante de larmes
Tu renais soudain à toi
Tu renais enfin à toi

En toi s'achève
           la voix nocturne
Quand tu exultes
           à ton nom propre
Eu-ca-lyp-tus !
           éclats de lune
Sans fin mêlés
           au chant des vagues...


                         François Cheng ( 1929 -      )

La pointe du Grouin , Cancale






jeudi 31 octobre 2013

Demain les chrysanthèmes fleuriront nos cimetières...

Chez nous les chrysanthèmes sont les fleurs de la Toussaint et fleurissent nos cimetières. 
En Chine, elles symbolisent la neuvième lune ou " lune d'octobre ", donnent lieu à des fêtes où on y boit du vin fait de chrysanthèmes. 
Au Japon le chrysanthème, considéré comme la plus noble des fleurs fut jusqu'en 1947 attaché officiellement à la famille impériale. Prima




"Une légende japonaise raconte comment le seigneur Tan-Son découvrit une ravissante petite fleur couleur d'or, alors qu'il était en proie au plus profond désespoir. Ce fût une révélation. Lui qui luttait avec vanité pour le pouvoir, se consacra à la poésie et nomma le chrysanthème fleur de vie."


 Ils cambrent leurs pétales
de blancheur __
les chrysanthèmes de lune


 Sugita Hisajo ( 1890 - 1946 )



jeudi 24 octobre 2013

Marso... artiste peintre

Soleil de Marso 

" L'air est plein d'une haleine de roses, 
Tous les vents tiennent leurs bouches closes, 
Et le Soleil semble sortir de l'onde 
Pour quelque amour plus que pour luire au monde. " 

  François de Malherbe, Recueil 1627 

Plage de Marso

"Et la plage rose, à l'aube incarnat,
Parterre en sable fin, je la suis comme un rêve,
Longue, longue, sous le ciel de grenat !
Et les bulles d'écume en pâle rubis crèvent
Sur la douceur florale de la grève,
Sur la plage rose à l'aube incarnat."

Jean-Antoine Nau 



Marso, de son vrai nom Marceline SAVARO est une ancienne élève de l'Académie de Sénart. Cette artiste peintre sublime ses couleurs. La lumière, la chaleur inonde ses toiles et si je devais en acquérir une, j'avoue que je ne saurais laquelle choisir. Prima


mardi 15 octobre 2013

Mille chevaux..... de Lord Byron



Il fut un temps où durant la saison estivale j’aimais me lever aux premières lueurs du jour, à l’heure où la station dormait encore, c’était le moment où un, voire deux cavaliers faisaient  trotter des chevaux sur la plage, dans les vagues… certainement le meilleur moment de la journée, un moment magique où je me retrouvais seule face à l'immensité de la mer.   Prima


de Walter Crane

"Mille chevaux à la queue flottante, à la crinière envolée, aux naseaux dilatés- ces naseaux qui n'ont jamais palpités dans l'effort du travail !
Mille chevaux dont la bouche n'a jamais connu le mors et la bride, dont les sabots n'ont jamais chaussé le fer, dont les flancs n'ont jamais été labourés par l'éperon ou la cravache - mais qui, dans leur liberté farouche, sont indomptés ainsi que les flots de la mer - accourent vers nous d'un galop de foudre "                                                                           Lord Byron ( 1788 – 1824 )
                                                      
de Paul Gauguin
                                                                                            



jeudi 26 septembre 2013

Le gardeur de troupeaux de Alberto Caeiro _ ( Fernando Pessoa )



Parler de Fernando Pessoa n'est pas chose facile, il écrivit sous plusieurs identités  (  plus de 70 hétéronymes ) .... _  Pessoa est considéré comme le plus grand écrivain portugais depuis Camões né vers 1525.... __" sentimental et cynique, rationaliste et mystique, classique et baroque ", Pessoa a fait de ses contradictions la matière même de son oeuvre . Prima




Je n'ai jamais gardé de troupeaux,
Mais c'est tout comme si j'en avais gardé.
Mon âme est comme un berger,
Elle connaît le vent et le soleil
Et elle va guidée par la main des Saisons
Toute à suivre et à regarder.
La paix entière de la Nature sans personne
Vient s'asseoir à côté de moi.
Mais moi je deviens triste comme un coucher de soleil
Selon notre imagination,
Quand l'air fraîchit tout au fond de la plaine
Et que l'on sent que la nuit est entrée
Comme un papillon par la fenêtre.

Mais ma tristesse est tranquillité
Parce qu'elle est naturelle et juste
Et qu'elle est ce qui doit se tenir dans l'âme
Dès lors qu'elle pense qu'elle existe
Et que les mains cueillent les fleurs à son insu...

                                                         ( ... )

                Alberto CAEIRO

    Recueil : Fernando PESSOA _ Poèmes païens

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C'est sous l'hétéronyme d'Alberto Caeiro, auquel il donna vie de 1889 à 1915, que Fernando Pessoa ( 1885 - 1935 ) écrivit " Le gardeur de troupeaux ".






lundi 16 septembre 2013

Un port de Charles Baudelaire

C'était le port... il y a bien longtemps  ! Aujourd'hui, depuis 2009, il est devenu une marina pour accueillir 750 bateaux, autrefois petit port de pêche, il est devenu port de plaisance tout en conservant des chalutiers pour la pêche côtière et bientôt palourdes et coquilles saint-Jacques !
Quand les estivants nous quittent, que les villas et commerces se ferment, que la Belle meunière a baissé ses rideaux  jusqu'aux prochaines vacances, le port reste un endroit de vie et de promenade où on peut encore aller déguster de bonnes crêpes ! Prima

Le nouveau port de plaisance, photo prise depuis le large lors d'une traversée vers le cap Fréhel 



Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l’âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.

                                                     Charles BAUDELAIRE ( 1821 - 1867 )

                                                                    Le Spleen de Paris

Une image du passé, ce rocher " Le Bec rond " n'est plus ce qu'il était, il est encastré dans la marina, ce qui fit polémique.... c'est que nous l'aimions ce rocher  !










jeudi 5 septembre 2013

L'été.... poème de Théodore de Banville


Nous allons vers la fin de l'été, les plages ont été abandonnées, mais le soleil est toujours bien présent, parfois même très chaud..... trop chaud ...

de Vladimir Volegov

Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.
Il brûle tout, hommes et choses,
Dans sa placide cruauté.

Il met le désir effronté
Sur les jeunes lèvres décloses ;
Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.

Roi superbe, il plane irrité
Dans des splendeurs d'apothéoses
Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Été.

Théodore de BANVILLE   (1823-1891)
.
de Vladimir Volegov