
Ô
jours resplendissants roulés par l'eau de mer,
et
denses en leur coeur comme une pierre jaune,
ô
la splendeur d'un miel respecté du désordre
qui
préserva leur pureté rectangulaire.
L'heure
crépite ainsi que l'essaim ou la flamme,
et
vert est le besoin de plonger dans des feuilles
avant
que tout en haut le feuillage devienne
un
monde scintillant qui s'éteint et murmure.
Soif
du feu, multitude ardente de l'été
ô
paradis que font seulement quelques feuilles :
pour
la terre au visage obscur, pas de souffrances,
pour
tous l'eau ou le pain, pour tous l'ombre ou la flamme,
et
que plus rien, plus rien ne divise les hommes
que
le soleil, la nuit, la lune, les épis.
Pablo
NERUDA _ ( 1904 - 1973 )
( La Centaine d'amour )
