samedi 24 août 2013

à l'écoute du bruit des vagues....


Je marche éternellement sur ces rivages,
Entre le sable et l'écume.
Le flux de la marée effacera l'empreinte de mes pas,
et le vent emportera l'écume.
Mais la mer et le rivage demeureront 
Eternellement.

Khalil Gibran ( 1883 - 1931 )
recueil : Le sable et l'écume


10 heures ce matin, la mer est haute, pas un seul vacancier à faire «  la bulle  » sur la plage, ils dorment ou se retrouvent au vide-grenier qui se tient sur les hauteurs dans le quartier de l’Isle… seuls quelques promeneurs solitaires, tout comme moi à l’écoute du bruit des vagues et du vent... pour moi, un des meilleurs moments de la saison estivale. Prima







samedi 3 août 2013

Une citation pour une courte pause....

Une partie de la Grande plage - Saint-Cast  (Bretagne )

" Le coeur a besoin d’un répit pour devenir capable de battre la chamade ; de l’immobilité au galop effréné, il faut des pauses pour retrouver sa respiration et laisser ainsi son coeur prendre de la vitesse "
                                  
                                                                                                    Natasha Illum Berg
                                                                                               " Un thé sur le divan bleu "



vendredi 26 juillet 2013

La marine à voiles.... poème de Raymond Queneau


Après avoir descendu tout le long le long du mât de misaine
et salué le petit cacatois, le petit perroquet, le petit volant et le petit hunier
le marin de terre sèche salue le bon vieux dictionnaire
qui lui donne l'image du voilier trois-mâts avec ses principaux agrès
il s'embarque avec son sac et se présente au capitaine
le voilà médecin de bord ( pourquoi pas ) pendant cette traversée
on fera le tour du monde en longeant les terres lointaines
on verra souffler les blanches baleines
et l'on reviendra en se promenant à travers l'Océanie
on restera si l'on ne sombre au moins trois ans partis
au retour on trouvera les enfants grandis
regardant avec joie dans leur dictionnaire
la figure majestueuse du voilier trois-mâts avec ses principaux agrès 

                                    Raymond Queneau ( 1903 - 1976 )
                                                [ Fendre les flots ] 

L'Etoile du Roy et La Boudeuse dans le port de Saint-Malo le 16 juillet 2013

vendredi 19 juillet 2013

Watteau.... poème d'Albert Samain



de Jean-Antoine Watteau : Pèlerinage à l'île de Cyttère,  dit l'Embarquement pour Cythère ( 1717 )


***

Au-dessus des grands bois profonds
L’étoile du berger s’allume...
Groupes sur l’herbe dans la brume...
Pizzicati des violons...
Entre les mains, les mains s’attardent,
Le ciel où les amants regardent
Laisse un reflet rose dans l’eau ;
Et dans la clairière indécise,
Que la nuit proche idéalise,
Passe entre Estelle et Cydalise
L’ombre amoureuse de Watteau.

Watteau, peintre idéal de la fête jolie, 
Ton art léger fut tendre et doux comme un soupir,
Et tu donnas une âme inconnue au désir
En l’asseyant aux pieds de la mélancolie.

Tes bergers fins avaient la canne d’or au doigt ;
Tes bergères, non sans quelques façons hautaines,
Promenaient, sous l’ombrage où chantaient les fontaines,
Leurs robes qu’effilait derrière un grand pli droit...

Dans l’air bleuâtre et tiède agonisaient les roses ;
Les coeurs s’ouvraient dans l’ombre au jardin apaisé,
Et les lèvres, prenant aux lèvres le baiser,
Fiançaient l’amour triste à la douceur des choses.

Les pèlerins s’en vont au pays idéal...
La galère dorée abandonne la rive ;
Et l’amante à la proue écoute au loin, pensive,
Une flûte mourir, dans le soir de cristal...

Oh ! Partir avec eux par un soir de mystère,
Ô maître, vivre un soir dans ton rêve enchanté !
La mer est rose... il souffle une brise d’été,
Et quand la nef aborde au rivage argenté

La lune doucement se lève sur Cythère.

L’éventail balancé sans trêve
Au rythme intime des aveux
Fait, chaque fois qu’il se soulève,
S’envoler au front des cheveux,
L’ombre est suave... tout repose.
Agnès sourit ; Léandre pose
Sa viole sur son manteau ;
Et sur les robes parfumées,
Et sur les mains des bien-aimées,
Flotte, au long des molles ramées,
L’âme divine de Watteau.

Albert Samain ( 1858 - 1900 )

La gamme d'amour 1717 de Jean-Antoine Watteau

jeudi 4 juillet 2013

Hommes de la mer... poème de Xavier Pierre


" La mer ! Partout la mer ! Des flots, des flots encore.
L’oiseau fatigue en vain son inégal essor
Ici les flots, là-bas les ondes.
Toujours des flots sans fin par des flots repoussé "

Victor Hugo




Marins vos yeux me rappellent...
L'indigo clair des mers du levant
Dans vos yeux marins
Toute la nostalgie de l'île aux belles
Toute la pudeur et la force des âmes fières.

Dans la douceur des aubes armoricaines
Cap sous le vent !...hardi les gars !

Quand tu vires bâbord sous l'azur
Que l'enfance saute l'amure *
Dans la chaleur ocre des ports
Au large de l'île aux Rebelles.

Marins, vos yeux me rappellent...
Le ciel de ces îles en Armor éparpillées
Voilées d'une brume d'écume en dentelle.
Tissés par le chant des filles aux Glénan,
Où s'échoue de nuit le coeur des Bretons.


                             Xavier Pierre
               Recueil : Aubes Armoricaines

* amure : Coin de la basse voile du côté d'où vient le vent. Cordage qui la retient







mercredi 26 juin 2013

Vous pourrez fuir à tout jamais.... poème de Léo Larguier


Au large de Stresa ( Italie ), sur le lac Majeur, Isola Bella, une des îles Borromées, et sur cette île de 320 m sur 180 m , un palais baroque digne d’un conte de fée, une île où notre guide se prénommait Romeo et quelle que soit l’année où vous vous y rendez, le guide se prénommera toujours Roméo…. Tiens donc ! Quelle coïncidence ! Prima

Le palais Borommée

Vous pourrez fuir à tout jamais au bras d'un homme
Qui saura celui-là le goût de pluie et d'eau
Sur la dernière rose et la première pomme
Que doit avoir votre baiser...Il fera beau...

Vous rêverez devant les îles Borromées,
Et la lune sera la perle de la nuit,
Et les brises seront calmes et parfumées,
Et vous vous lèverez quand sonnera minuit.

Et j'imagine tout : le Palace, la chambre,
Vos souliers de velours sur le tapis laissés,
La divine douceur de la nuit de septembre
Où monteront les cris des violons blessés.

Il aura, celui-là, vos blancheurs inconnues
De jeune fille, et vos parfums, votre bras clair,
Les purs secrets neigeux de vos épaules nues.
Il aura tout...il n'aura rien que votre chair !

Le meilleur de l'amour, son éveil et son aube,
Souvenez-vous, c'est moi qui les ai pour toujours.
On se prenait les mains quand séchait votre robe
Que l'orage trempait sous les feuillages lourds.

Nos yeux savaient comment l'âme fait signe à l'âme;
Nous nous tenions les mains comme on tient un trèsor,
Et j'étais plus qu'un homme, et vous, plus qu'une femme ;
Et le soir s'effaçait tel un pauvre décor.

Et ce n'est que cela qui compte dans la vie.
Cet infini qui tremble au fond d'un bel oeil pur
Je l'eus, que voulez-vous désormais que j'envie ?
Ma part est la meilleure, elle est faite d'azur.

Léo Larguier ( 1878 - 1950 )

         



mardi 18 juin 2013

Le voyage de Charles Baudelaire

Le grand large de Claude Thébergé



La vie est un voyage limité dans le temps, mais devant l'immensité de la mer le rêve devenant illimité m'entraîne bien souvent au-delà.... tout comme si ma vie n'avait pas de fin, je rêve de voyages au bout du monde, voyages devenus irréalisables .. mais tout n'est-il pas possible par le rêve..?  Prima

Le voyage imaginaire de Claude Thébergé




      A Maxime Du Camp.

                             1 -

Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !

                                  ( .... )

                          Baudelaire ( 1821 - 1867 )

Le retour de Claude Thébergé