Ils étaient quatre, quatre petits
renardeaux, en ce jeudi de l'Ascension, venus s'ébattre dans mon jardin. Une
surprise bien agréable. Mais d'où venaient-ils ? Je ne le sais !
Encore trop
petits, les parents ne devaient pas être bien loin, mais ne se montrèrent pas.
J'eus le
temps de les photographier derrière mes vitres, n'osant sortir de crainte qu'en
me voyant il ne s'échappent.
Si je me
suis amusée de leurs jeux, je n'ose plus laisser ma porte-fenêtre ouverte, en
mon absence de la pièce, de peur de les retrouver dans ma maison.
Celui-ci
m'observait, à moins qu'il ne posait pour la photo.
Prima

Au
bord de l’étang, le petit renardeau
Suit
à pas de loup sa mère la renarde,
Qui
s’en va guettant, sournoise et goguenarde,
Le
canard sauvage ou bien la poule d’eau.
—
Des nuages bruns couvrent d’un noir bandeau
Le
soleil sanglant que l’âpre nuit poignarde.
Au
bord de l’étang, le petit renardeau
Suit
à pas de loup sa mère la renarde.
Sur
un bois flottant qui lui sert de radeau,
Soudain
la rôdeuse en tremblant se hasarde ;
Et
moi, curieux et ravi, je regarde,
Caché
par les joncs comme par un rideau,
Au
bord de l’étang le petit renardeau.
Maurice Rollinat ( 1846 – 1903 )




















