vendredi 6 mai 2016

Il étaient quatre petits renardeaux.... avec un poème " le petit renardeau " de Maurice Rollinat


Ils étaient quatre, quatre petits renardeaux, en ce jeudi de l'Ascension, venus s'ébattre dans mon jardin. Une surprise bien agréable. Mais d'où venaient-ils ? Je ne le sais !
Encore trop petits, les parents ne devaient pas être bien loin, mais ne se montrèrent pas.
J'eus le temps de les photographier derrière mes vitres, n'osant sortir de crainte qu'en me voyant il ne s'échappent.
Si je me suis amusée de leurs jeux, je n'ose plus laisser ma porte-fenêtre ouverte, en mon absence de la pièce, de peur de les retrouver dans ma maison. 
Celui-ci m'observait, à moins qu'il ne posait pour la photo.
Prima



Au bord de l’étang, le petit renardeau
Suit à pas de loup sa mère la renarde,
Qui s’en va guettant, sournoise et goguenarde,
Le canard sauvage ou bien la poule d’eau.

— Des nuages bruns couvrent d’un noir bandeau
Le soleil sanglant que l’âpre nuit poignarde.
Au bord de l’étang, le petit renardeau
Suit à pas de loup sa mère la renarde.

Sur un bois flottant qui lui sert de radeau,
Soudain la rôdeuse en tremblant se hasarde ;
Et moi, curieux et ravi, je regarde,
Caché par les joncs comme par un rideau,
Au bord de l’étang le petit renardeau.

Maurice Rollinat ( 1846 – 1903 )


samedi 30 avril 2016

" Il est revenu le temps du muguet " avec un extrait d'une ballade de Charles d'Orléans





«  Il est revenu le temps du muguet… » 

 chantait Francis Lemarque.









« Le Dieu d'Amour est coutumier,

À ce jour, de fête tenir,

Pour amoureux coeurs fêter

Qui désirent de le servir;

Pour ce fait, les arbres couvrir

De fleurs et les champs de vert gai,

Pour la fête plus embellir,

Ce premier jour du mois de mai »


(Charles d'Orléans, ballade  n°48)

*







jeudi 17 mars 2016

Impression de printemps ... poème de Paul Verlaine





«  À l’entrée du jardin
fleurit le blanc
d’un camélia »

Ueshima  Onitsura
( 1661 – 1738 )





Il est des jours - avez-vous remarqué ? -
Où l'on se sent plus léger qu'un oiseau,
Plus jeune qu'un enfant, et, vrai ! plus gai
Que la même gaieté d'un damoiseau.

L'on se souvient sans bien se rappeler...
Évidemment l'on rêve, et non, pourtant.
L'on semble nager et l'on croirait voler.
L'on aime ardemment sans amour cependant

Tant est léger le coeur sous le ciel clair
Et tant l'on va, sûr de soi, plein de foi
Dans les autres, que l'on trompe avec l'air
D'être plutôt trompé gentiment, soi.

La vie est bonne et l'on voudrait mourir,
Bien que n'ayant pas peur du lendemain,
Un désir indécis s'en vient fleurir,
Dirait-on, au coeur plus et moins qu'humain.

Hélas ! faut-il que meure ce bonheur ?
Meurent plutôt la vie et son tourment !
Ô dieux cléments, gardez-moi du malheur
D'à jamais perdre un moment si charmant.


Paul Verlaine (  1844 - 1896 )




 Paul Verlaine, admiré en France et à l'étranger, avait pu mesurer son audience lors de conférences qui l'avaient mené en Belgique et en Angleterre. Miné par la maladie il mourut seul dans un dénuement presque absolu. À ses obsèques, Mallarmé, Moréas et Coppé salueront avec émotion la figure de ce poète considérable.




vendredi 5 février 2016

La lettre '' H '' ..... poème de Khalid RASHDAN


La lettre «  H  ou  h  » est appelée à disparaître de l’orthographe . Ainsi l’aurait  voulue l’Académie française en 1990 ? 
Pointilleuse en ce qui concerne l’orthographe, pardon,  l’ortografe ,  «  ortografia  » en italien, je ne vais pas trop la regretter. En effet cette lettre n’existant pas dans la langue italienne, elle me cause, depuis quelques temps,  bien des problèmes dans certains mots de notre langue ne sachant plus toujours où la placer.... l'âge peut-être en est la cause.
Notre langue étant une langue vivante, elle a bien évoluée depuis Ronsard, donc je ne suis pas particulièrement contre, mais je doute que l’orthographe de certains jeunes s' en améliore pour autant !
Prima



La lettre '' H ''

J’ai la forme d’un escalier
Avec deux colonnes liées
Juste à une si courte marche
Mais je ne bouge, je ne marche

Je me divise en deux parties
Ce que j’ai déjà averti
Le ‘’ H ‘’ muet est la première
Le voici en deux cas ! Mes chers !

Trouvant le ‘’ H ‘’ muet devant
Toutes les voyelles souvent
C’était bien le cas du mot ‘’ Huit ‘’
‘’ Hiver ‘’, ‘’ Habit ‘’, ainsi de suite

Le cas d’après une consonne
Le ‘’ H ‘’ muet a deux colonnes
C’est dans les mots formés de deux
Éléments comme : ‘’ Malheureux ‘’

Aussi ce ‘’ H ‘’ s’écrit avec
Tous les mots d’origine grecque
C’est le cas du mot : ‘’ Épithète ‘’
‘’ Théâtre ‘’,’’ Rhume ‘’et je m’arrête

Ma deuxième partie s’appelle :
Le ‘’ H ‘’ aspiré, c’est lequel
Qui nous permet de prononcer
Séparer deux voyelles ; c’est,

Bien le cas du mot ‘’ Préhistoire ‘’
‘’ Hérisson ‘’, ‘’ Héros ‘’ et ‘’ Hangar ‘’
C’est, sans doute, la lettre ‘’ H ‘’
M’avez-vous compris, que je sache ?


Khalid RASHDAN











jeudi 7 janvier 2016

Bonne année avec un poème de Luce Guilbaud..... Année nouvelle



Plus d’un mois que je ne suis revenue sur le blog.
Un peu de fatigue, les vacances de fin d’année avec les enfants, petits-enfants, sans oublier mon arrière-petit-fils Tom au sourire coquin, puis une grippe, atténuée, certes, ayant été vaccinée, mais bien désagréable !!!
Peut-être aussi un peu de lassitude, blogueuse depuis 2001… déjà 15 ans !

De retour, je souhaite à chacun de vous une bonne année 2016, qu’elle réponde à vos souhaits les plus chers. Amitié. Prima


Année nouvelle
donne-moi les oiseaux
qui possèdent les mots
doux et tendres
les mots du cœur
du grand arge
et de l’évasion.

Année nouvelle
donne-moi les fruits d’or
dont chaque graine
égrène les notes
qui chantent la douceur
d’aimer en arpège
jusqu’aux montagnes bleues
derrière l’horizon.

Luce Guilbaud.
( poète et peintre née en Vendée en 1941 )





samedi 5 décembre 2015

Magie de la nature poème de Maurice Rollinat



" Pour comprendre la nature, il faut l'aimer, et pour l'aimer, il faut être initié à son langage."

Citation de Jules Claretie ;
La libre parole (1868)


Béant, je regardais du seuil d'une chaumière
De grands sites muets, mobiles et changeants,
Qui, sous de frais glacis d'ambre, d'or et d'argent,
Vivaient un infini d'espace et de lumière.

C'étaient des fleuves blancs, des montagnes mystiques.
Des rocs pâmés de gloire et de solennité,
Des chaos engendrant de leur obscurité
Des éblouissements de forêts élastiques.
  
Je contemplais, noyé d'extase, oubliant tout,
Lorsqu'ainsi qu'une rose énorme, tout à coup,
La Lune, y surgissant, fleurit ces paysages.

Un tel charme à ce point m'avait donc captivé
Que j'avais bu des yeux, comme un aspect rêvé,
               La simple vision du ciel et des nuages ! 

Maurice ROLLINAT   (1846-1903)








lundi 9 novembre 2015

Grèves normandes.... poème de André Lemoyne

Plus Normande que Bretonne par ma naissance, depuis bien des générations, j’ai souvent chanté la Bretagne et l'Italie  en oubliant la Normandie… pourtant ce fut mon enfance, mon adolescence dans des années difficiles.
Le Mont Saint-Michel est lui aussi normand de par le caprice du Couesnon, cette rivière qui «  dans sa folie mis le Mont en Normandie »…

Il y a fort longtemps rentrant de l’école une de mes filles me dit «  Tu es Normande, donc tu descends des barbares », pas tout à fait, lui ai-je dit, ayant eu une grand-mère bretonne !
Quant aux Vikings, avant d’être les guerriers que nous connaissons au travers de lectures ou de films, ils furent de vaillants navigateurs, des marchands et des artisans…
Je descends donc de ces peuples nordiques qui conquirent cette région si verdoyante qu’est devenue la Normandie par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, conclu en 911…
Prima


                                                                                             À Alphonse Lemerre.

Ce soir, la pleine lune éclaire notre monde.
De l’abîme des flots elle sort large et ronde.
Presque au ras de la mer, elle est rouge d’abord ;
Mais son orbe jaunit, et la grande marée
Dans son rayonnement monte en houle dorée,
Et roule ses lueurs jusqu’aux  grèves du bord.

On voit comme en plein jour sur la courbe des plages
Les dernières maisons des bourgs et des villages,
Villages de marins et de pêcheurs normands.
Les enfants sont couchés dans le charme des rêves :
Ce long bruit cadencé du flot qui bat ses grèves
Semble un chant de berceuse aux chers petits dormants

Un vent tout parfumé m’apporte des prairies,
Où les reines des prés restent longtemps fleuries,
Quelque chose à la fois de suave et d’amer ;
Tandis qu’un grand troupeau, débouchant des vallées,
Mêle une odeur d’étable aux effluves salées
Qui montent, jour et nuit, des embruns de la mer.

J’aime à vous retrouver, grèves de Normandie,
Où travaille une race âpre au gain, mais hardie.
Fille des conquérants qui vinrent les premiers,
Sous les pommiers en fleurs que le roi Charlemagne
Avait plantés pour eux en revenant d’Espagne,
Se faire un paradis au pays des pommiers.


André Lemoyne  ( 1822 – 1907 )
Recueil : Les Roses d’antan