lundi 17 février 2014

La guirlande de Julie ( suite et fin ) .... un madrigal de Germain Habert de Cerisy et de Tallemant des Réaux


( Suite )
Ils furent 24 poètes de l'époque à collaborer à la réalisation de " La Guirlande de Julie "... 24 poètes pour 62 madrigaux , un ouvrage orné de fleurs et de guirlandes peintes par Nicolas Robert , Certains de ces madrigaux sont très courts, mais tous subliment la beauté et la spiritualité de cette jeune femme qui fut si courtisée.  Prima



Alors que je me vois si belle et si brillante
Dans ce teint dont l'éclat fait naître tant de voeux,
L'excès de ma beauté moi-même me tourmente ;
Je languis pour moi-même, et brûle de mes feux,
Et je crains qu'aujourd'hui la Rose ne finisse
Par ce qui fit jadis commencer le Narcisse.

                    Germain Habert De Cerisy. ( 1615 - 1654 )

Ce poète, Germain Habert de Cerisy, était aussi homme d'église. Du même auteur …



Epris de l'amour de moy-même,

Du Berger que j'estois je devins une Fleur ;
Faites profit de mon malheur,
Vous que le Ciel orna d'une beauté suprême ;
Et pour en éviter les coups,
Puisqu'il faut que tout ayme, aymez d'autres que vous.

Germain Habert De Cerisy. ( 1615 - 1654 )



Devant vous je perds la victoire
Que ma blancheur me fit donner
Et ne prétends plus d’autre gloire
Que celle de vous couronner.
Le Ciel, par un honneur insigne ,
Fit choix de moi seul autrefois
Comme de la fleur la plus digne
Pour faire un présent à nos Rois.
Mais si j’obtenais ma requête,
Mon sort serait plus glorieux
D’être monté sur votre tête
Que d’être descendu des Cieux.

Gédéon Tallemant Des Réaux ( 1619 - 1692 )



samedi 8 février 2014

Julie d'Angennes, Mademoiselle de Rambouillet ___ La Guirlande de Julie .... ( extrait )

Julie d'Angennes, Mademoiselle de Rambouillet  _ Le château de Rambouillet ( Yvelines )


Qui connaît Julie Luciana d’Angennes née à Paris en 1607, décédée en 1671, fille du marquis de Rambouillet et de Catherine de Vivonne ?

L'Hôtel de Rambouillet de François Hippolythe DEBON

La marquise Catherine de Rambouillet tenait à Paris, à L’Hôtel de Rambouillet,  rue Saint Thomas du Louvre, un salon brillant et célèbre, auquel participait sa fille, la belle et spirituelle Julie !

Après avoir repoussé plusieurs prétendants, la belle Julie, finit par accepter le mariage avec le duc de Montausier qui sera célébré en 1645. Elle a donc 57 ans et le duc de Montausier la courtisait depuis 1631. Quelle persévérance …14 ans d’attente !

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier de Nicolas de Largillière

Quatre ans plus tôt, en 1641, le duc de Montausier composa en son honneur " La guirlande de Julie " recueil de 62 madrigaux écrits par les plus grands noms de la poésie française de l’époque qui fréquentaient le salon de l’Hôtel de Rambouillet, chaque madrigal portant le nom d'une fleur chantant les louanges de l'incomparable Julie.   Prima




Recevez ô Nymphe adorable,
Dont les coeurs reçoivent les lois,
Cette Couronne plus durable
Que celle que l'on met sur la tête des Rois.
L'eau dont Permesse les arrose
Leur donne une fraîcheur qui dure incessamment :
Et tous les jours ma belle Flore
Qui me chérit et que j'adore
Me reproche avecque courroux,
Que mes soupirs jamais pour elle
N'ont fait naître de Fleur si belle
Que j'en ai fait naître pour vous.

De Montausier  ( 1610 - 1690 )


( à suivre )



lundi 27 janvier 2014

Clair de lune _ poème de Verlaine




 Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

                  Paul VERLAINE   (1844-1896)





dimanche 12 janvier 2014

La marine à voile... poème de Raymond Queneau

Le Bélem,
Classé au titre des monuments historiques depuis 1984 ...c'est dans le port de Lorient, lors du Festival interceltique de 1998 que je vis ce magnifique trois-mâts barque. 
Le Bélem ...  un superbe voilier construit à Nantes en 1896 en moins de six mois,  Il devait être né sous une bonne étoile pour avoir survécu  à un incendie au Brésil, puis échappé à l'éruption de la Montagne Pelée à la Martinique en 1902... un magnifique joyau qui nous est revenu en 1980 sous pavillon français après avoir navigué sous pavillon anglais, puis italien durant 66 ans... 
Prima 

Le Alexander Von Humboldt


Après avoir descendu tout le long le long du mât de misaine
et salué le petit cacatois, le petit perroquet, le petit volant et le petit hunier
le marin de terre sèche salue le bon vieux dictionnaire
qui lui donne l'image du voilier trois-mâts avec ses principaux agrès
il s'embarque avec son sac et se présente au capitaine
le voilà médecin de bord ( pourquois pas ) pendant cette traversée
on fera le tour du monde en longeant les terres lointaines
on verra souffler les blanches baleines
et l'on reviendra en se promenant à travers l'Océanie
on restera si l'on ne sombre au moins trois ans partis
au retour on trouvera les enfants grandis
regardant avec joie dans leur dictionnaire
la figure majestueuse du voilier trois-mâts avec ses principaux agrès

                                   Raymond Queneau (  1903 - 1976 )
                                                 [  Fendre les flots ]







mardi 31 décembre 2013

Bonne année 2014 .... avec Rosemonde GERARD



Janvier prend la neige pour châle ;
Février fait glisser nos pas ;
Mars de ses doigts de soleil pâle,
Jette des grêlons aux lilas.

Avril s’accroche aux branches vertes ;

Mai travaille aux chapeaux fleuris ;
Juin fait pencher la rose ouverte
prés du beau foin qui craque et rit.

Juillet met les œufs dans leurs coques

Août sur les épis mûrs s’endort ;
Septembre aux grands soirs équivoques,
Glisse partout ses feuilles d’or.

Octobre a toutes les colères,

Novembre a toutes les chansons
Des ruisseaux débordant d’eau claire,
Et Décembre a tous les frissons.

Rosemonde GÉRARD 

Recueil : "Les Pipeaux"

.


samedi 21 décembre 2013

Une des légendes du petit rouge-gorge ...

Depuis quelques temps un petit rouge-gorge vient régulièrement me rendre visite, il m'observe devant la porte-fenêtre, pas facile à photographier jusqu'à ce 9 décembre où il se fit piéger par l'objectif de mon automatique.... Prima

" Une  légende raconte que le rouge-gorge chercha un arbre pour s’abriter du froid pour l’hiver.
Tous les arbres lui refusèrent l’hospitalité sauf le houx. Le rouge-gorge se blessa avec ses feuilles piquantes, colorant ainsi son plumage en rouge.
Depuis lors, comme par punition tous les arbres perdent leurs feuilles en hiver sauf le houx qui avait accepté de donner un abri au rouge-gorge.
En souvenir de cette histoire, le houx portent toujours des baies rouges."







samedi 7 décembre 2013

Bel astre voyageur _ poème de Louise Ackermann


Elle s'appelait Ison. ...
Découverte en septembre 2012 elle devait être la comète du siècle, mais le 28 novembre 2013 elle s'est brûlé les ailes en approchant de trop près le soleil et nous a privé d'un spectacle que nous devions voir à l'oeil nu aux alentours de Noël ... dommage, elle nous a privé d'un beau spectacle ! Prima


La comète Donati du nom de son découvreur est passée au plus près de la terre le 10 octobre 1858

Découverte le 13 mai 1861, cette Grande comète fut visible à l'oeil nu durant 3 mois.

À La Comète de 1861

Bel astre voyageur, hôte qui nous arrives
Des profondeurs du ciel et qu’on n’attendait pas,
Où vas-tu ? Quel dessein pousse vers nous tes pas ?
Toi qui vogues au large en cette mer sans rives,
Sur ta route, aussi loin que ton regard atteint,
N’as-tu vu comme ici que douleurs et misères ?
Dans ces mondes épars, dis ! avons-nous des frères ?
T’ont-ils chargé pour nous de leur salut lointain ?
Ah ! quand tu reviendras, peut-être de la terre
L’homme aura disparu. Du fond de ce séjour
Si son œil ne doit pas contempler ton retour,
Si ce globe épuisé s’est éteint solitaire,
Dans l’espace infini poursuivant ton chemin,
Du moins jette au passage, astre errant et rapide,
Un regard de pitié sur le théâtre vide
De tant de maux soufferts et du labeur humain.

Louise Ackermann, Poésies Philosophiques