Vous est-il arrivé de contempler le ciel et de reconnaître des visages ou des objets dans la forme des nuages ? Ces illusions d'optique portent un nom : la paréidolie…. »

Quand
on est sur la terre étendu sans bouger,
Le
ciel paraît plus haut, sa splendeur plus sereine ;
On
aime à voir, au gré d'une insensible haleine,
Dans
l'air sublime fuir un nuage léger ;
Il
est tout ce qu'on veut : la neige d'un verger,
Un
archange qui plane, une écharpe qui traîne,
Ou
le lait bouillonnant d'une coupe trop pleine ;
On
le voit différent sans l'avoir vu changer.
Puis
un vague lambeau lentement s'en détache,
S'efface,
puis un autre, et l'azur luit sans tache,
Plus
vif, comme l'acier qu'un souffle avait terni.
Tel
change incessamment mon être avec mon âge ;
Je
ne suis qu'un soupir animant un nuage,
Et
je vais disparaître, épars dans l'infini.
René-François
Sully Prudhomme ( 1839 - 1907 )