J’ai
bien souvent pesté contre les publicités qui envahissent ma boîte à lettres, tout
comme celles qui envahissent nos mails et parfois les blogs. J’ai résolu le
problème de ma boîte à lettres avec un autocollant fourni par La Poste… Quant aux blogs, je conçois que certains hébergeurs qui offrent leurs plate-forme gratuitement ne peuvent pas « vivre de l’air du temps »… mais
parfois, « trop c’est trop »…
Donc
en feuilletant « Poèmes de femmes, des origines à nos jours » j’ai
découvert un poème de Anaïs Ségalas qui m’apparut fort approprié à cette
situation ... Prima

Annonces,
prospectus, aux sept couleurs du prisme,
Rouges,
verts, jaunes, bleus, on est vraiment lassé
De
vous voir tout prôner, hors le charlatanisme
Qui
préside à l’annonce et n’est pas
annoncé.
Pour
tenter Cendrillon, on lui glisse au passage
L’adresse
d’un soulier, qui lui fait un appel ;
Vers
six heures on a l’adresse d’un potage ;
À
l’abeille affamée on indique le miel.
…Place !
C’est l’afficheur… Auteurs, levez la tête :
C’est
votre renommée à la blouse d’azur
Qui
proclame vos noms sans tambour ni trompette
Et
de vos grands succès fait parler chaque mur !
…On
veut fuir prospectus, charlatans et tapage :
On
rentre… on se repose, on déploie un journal…
Ciel !
La réclame y trône à la dernière page,
Bazar
de l’industrie et palais de cristal !
…Tout
veut briller aux yeux de la foule éblouie ;
Chaque
ligne payée est un rayon vermeil
Et
le caoutchouc même, inventé pour la pluie,
Demande
son annonce et sa place au soleil !...
Anaïs
Segalas ( 1814 – 1893 )
Anaïs
Ségalas est une poetesse et critique
membre de la Société des Femmes et de la Voix des Femmes à Paris en 1848, ainsi
que d’autres organismes féministes parisiens en cette année là.
Enfant précoce, elle a montré son talent
poétique très tôt dans sa jeunesse quand elle a composé une ode d’anniversaire
pour son père à l’âge de huit ans.
A
quinze ans seulement, elle a épousé un avocat Basque, Victor Ségalas mais fait
comme condition préalable de son mariage, son droit de développer ses talents
littéraires, passant outre l’autorité matrimoniale de son mari.
A
l’âge de seize ans, elle a édité sa première collection de poésies, Les
Algériennes.
Elle
pensait qu’une femme de talent possède le droit de poursuivre une carrière de
ses propres moyens, appelant pour cela une certaine mesure d’égalité dans le
mariage.